Les fées mères

Hello,

Je viens de recevoir un message de soutien d'une "vieille" amie (non pas qu'elle soit vieille, hein ! Elle est jeune, c'est notre amitié qui remonte déjà à 4 ans), elle m'a dit qu'elle me voyait tout à fait maman et que l'âge ne comptait pas...

En dehors du plaisir et de l'émotion que j'ai pu ressentir à la lecture de ce message, il m'a fait réfléchir à la notion d"être mère".

Je ne le suis pas encore, malgré le fait que j'ai "failli" l'être une fois, mais comme ça arrive malheureusement trop souvent, j'ai perdu le bébé à deux mois de grossesse.

Au-delà de tout ça, j'ai ce sentiment que peu de personne de mon âge comprennent :

Je me sens mère.

C'est un instinct qui me dépasse à tout moment. C'est ce lien que je crée immédiatement quand je suis avec des enfants, celui qui fait que mes louveteaux vont choisir de venir me voir moi et non un autre chef lorsqu'ils ont un problème, on besoin d'un bisous ou d'une chanson avant de dormir.

Ce lien qui me permet d'être juste à l'aise comme nul part ailleurs quand je suis dans ma classe face à mes élèves en stage.

Je ne sais pas comment expliquer, c'est comme un halo de douceur, de réconfort et de bien être qui m’envahit lorsque je suis avec des enfants, le sentiments de savoir ce que j'ai à faire dans les moindres détails. Des les comprendre, d'un seul regard, d'une main tendue, je ressens se dont ils ont besoin, qui ils sont, ce qu'ils veulent.

C'est ressentir ce pincement au cœur lorsqu'on entend un enfant qui pleure, cet automatisme qui me propulse quasiment vers l'origine des larmes, qui me force aussi à me contrôler lorsque ce n'est pas "mon enfant" (à comprendre : l'enfant dont je suis responsable.) qui pleure.

Un sentiment d'être une mère universelle, d'être une mère de procuration pour la centaine bien dépassée d'enfants qui ont croisés mon chemin et dont je me suis occupée.

Et c'est terrible pour moi, et pour les femmes comme moi, de rentrer le soir, et d'écouter le silence. Sans pleurs, sans rires, sans phrases écorchées si douce et drôles à entendre, tous ces mots d'enfants, ces syllabes répétés, ces cris, parfois agaçants (souvent même) mais qui pourtant nous rappelle que nous sommes bel et bien en vie, que notre vie est belle et que nous avons la chance d'avoir une famille.

C'est une douleur de chaque instant. D'être mère sans l'être vraiment. De devoir attendre encore et toujours, "le bon moment" qu'on nous impose à coups de raison servis à la truelle. Sous ces plâtrées de "tu as encore le temps", "vis ta vie", "tu es encore jeune", "rien ne presse".

A chacun j'ai envie de répondre : " A une âme bien née la valeur n'attend point le nombre des années."

Lorsqu'on est prêt et qu'on peut s'en sortir, pourquoi attendre ? Les dictats que la société nous impose nous enfer dans des concepts étanches et réprime notre potentiel naturel.

Oui, je suis une nullipare idyllique.

J'ai conscience de ce que représente la maternité, j'ai passé des mois à m'occuper des enfants des autres, des années à m'occuper de mes frères et sœurs lorsque ma mère ne pouvait plus le faire.

Je crois qu'au fond de moi, j'ai toujours été mère. Et je le serai éternellement. D'où le choix de mon métier.

Je fais partie de celles et de ceux pour qui les enfants sont de véritables rayons de bonheur. Même si c'est épuisant, même si on n'a pas toujours la tête à ça, même lorsqu'on a envie des les envoyer bouler lorsqu'ils nous répètent la même chose pour la deux cent millième fois ! Lorsqu'ils nous hurlent dans les oreilles, ou nous empêche de finir ce truc tellement important que-si-tu-le-fais-pas-tu-meurs et c'est évidemment à ce moment, alors que bébé dors depuis à peine dix minutes et qu'il lui reste 2h de sieste qu'il se réveille et décide de passer toute l'aprem à gazouiller dans tes bras.

Mais tous ces moments s’effacent lorsque leurs pleurs et leurs cris s'évaporent en une poussière de rire. Alors, on oublie tout.

Et on retient que les phrase comme celle que m'a prononcée une petite de CP il y a quelques semaines :

"Marguerite: Maiiiitresseee ! Est-ce que t'es une fée ?

Justine : Maiiis t'es bête ou quoi ? Elle peut pas le dire si c'est une fée, c'est un secret de fée ! Si elle nous le dit elle va perdre tous ses pouvoirs !

Marguerite : Ah bah oui... (se tape sur le front avec sa petite main) je suis bête ! Et puis ça se voit bien que c'est une fée, elle est belle, elle sent bon bon et elle a une robe de fée.

Dis, maitresse, je peux te tenir la main ?

(Amusée je lui donne la main pour traverser la cours, Marguerite semble pensive, et fini par murmurer :)

... je n'ai jamais tenue la main d'une fée..."

Lo.

Torhia 25/01/2014 22:44

Wahou... que d'émotions dans cet article ! Je dois dire que je m'y reconnais beaucoup. J'ai 23 ans, les essais bébé rythment notre vie depuis des mois, j'ai perdu mon bébé dans ma 8ème semaine, tout à l'heure, alors que je voulais faire un test, mes règles sont encore arrivées, et il me manque... tellement...
J'ai découverts ton blog grâce à un commentaire que tu as laissé sur le blog de zozomum, elle aussi voulait un autre bébé =) Oui c'est vrai, ça en devient presque "maladif" tellement ça prend aux tripes ! C'est difficile d'être des Mamans sans enfants, mais c'est bien ce que nous sommes. J'avais déjà ce sentiment avant, et il s'est amplifié à la seconde où j'ai fait ce test positif en juillet dernier.
Je te souhaite en tout cas beaucoup de bonheur très bientôt ! Que nos maisons soient un peu moins silencieuses et encore plus baignées d'amour ^^

Lo 15/12/2013 20:49

Au mieux, une fée du logis... Mais rien de plus ;)

pixi87 15/12/2013 12:54

Et alors? Es tu une fée?

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